jeudi 10 janvier 2013

Comment arrêter de prendre de fausses-bonnes résolutions




Liste non exhaustive.
 -Arrêter de fumer (généralement ce n’est pas que pour éloigner le médecin mais pour préserver son compte en banque)
- Faire du sport, c’est-à-dire ne pas s’inscrire à la salle de sport comme tous les mois de janvier et d’y aller 2 jours. Non, l’idée est de trouver le sport qui vous botte et d’en faire votre compagnon santé
- Manger sainement : quelle douce idée. On aime la street food, on aime le fast food, on aime picoler et se tartiner une tranche de pâté. What else ?
-Voyager plus souvent. Ce qui veut dire travailler plus, épargner plus, se tuer à la tâche pour des vacances dans le Limousin. Et c’est charmant le Limousin.
-Aller plus souvent au musée. Non pas pour faire comme tout le monde et arrêter de télécharger « La Culture pour les nuls ». Mais parce que ça vous intéresse de ne plus être ignorants.
- Faire un bébé, parce que c’est ce qui compte en vrai. Un homme, un Golden River et un beau bébé pour envelopper votre bonheur. Parce que avant vous aurez voyagé, vous aurez profité et vous aurez kiffé.
- Mais avant de faire l’enfant tant désiré, rencontrer l’homme de sa vie avant vos 32 ans. Et vous venez d’avoir 31 ans. Gloups. 

Comment arrêter de prendre de fausses-bonnes résolutions ? Car, on le sait tous, on ne les tient jamais et d’ailleurs plus personne ne nous croit. On ne dupe plus personne lorsqu’on porte un toast à cette nouvelle année, lorsqu’on se tape la bise en se souhaitant tout le bonheur du monde et qu’on annonce très haut et bien fort (surtout bien fort) que l’on va se mettre à l’aqua-biking-training-gyoga (prononcez « guy-o-gua », contraction de gym et de yoga) et qu’on va peut-être se retirer du monde de la consommation pour méditer sur ce que l’on veut VRAIMENT. 

Donc, se concentrer sur ce qui peut constituer des pastilles de bonheur : une tartine de nutella devant une comédie romantique,  un Grog fumant sur une terrasse ensoleillé, un cigare Roméo & Juliet à taffer comme il vous plait ou pourquoi pas siroter du bon vin en compagnie de ses plus vieilles potes, se resservir de la tarte tatin parce que c’est tellement bon (notre corps aime garder les bonnes choses) et qu’on ne fera même pas de sport pour l’éliminer. S’organiser un weekend dernière minute, se taper un four rire en plein réunion, en gros retrouver son âme d’enfant. Bref tout ce qui nous passe par la tête mais qu’on ne fait jamais parce qu’on manque de temps, d’imagination, de « positive attitude » (je sais très bien ce que cela vous rappelle et je le biiip) ou pis, d’argent. Pas grave, prenons des risques et envoyons-nous en l’air ! Laissons venir les choses avec douceur, testons les nouveautés, essayons la liberté, surprenons-nous de légèreté. Allons de l’avant sans trop se prendre la tête, ni même au sérieux et encore moins en se montant la tête. Cette année moi, j’vais bouffer ma life, faire vibrer mes idées et m’assoiffer de mes folles envies. Je ne fais pas l’apologie du gnan-gnan mais j’veux tout simplement kiffer sans rien planifier (pas facile) ni même contrôler (carrément hard) et on verra bien ce qui va se passer. Et bonne année à tous !!

... J’aurais peut-être dû prendre 1 ou 2 résolutions en fait. Trop tard.

vendredi 2 novembre 2012

Sandy nous a mise à nus



  
Vendredi 26 octobre. On nous annonce l'arrivée imminente d'un ouragan. Je suis en cours, l'annonce est solennelle, le ton grave, la prudence est de garde, mettons nous à l'abri et rencardons-nous sur les news. Ok. Je demande a mon prof avec un air faussement détaché si on doit s'inquiéter Il me répond « bien-sûr que non, nous sommes habitués, un peu de vent au pire, pas de quoi fouettait un chat, ni même avoir la trouille». Ok. Je lis les news. Surnommé Frankenstorm (Halloween pointant son nez), louragan Sandy (un nom de catin de l'arrière pays) doit dévaler les cotes, samedi ou dimanche pour finalement débarquer lundi. Durant tout le weekend on se prépare et j'avoue que je commence à m'inquiéter.  Je n'ai jamais vécu ça et je ne sais pas du tout a quoi m'attendre. J'interroge mes nouveaux amis, eux les habitués, eux les téméraires, eux les MacGiver de l'ouragan en tout genre. Tout le monde me rassure, "l'année dernière c'était la même, au final on a juste senti une légère brise. Ce sont les élections, ils ne prennent aucun risques, c'est tout. Tu verras c'est rien du tout".
Bon d'accord, je d
écide de me laisser porter par la bonne ambiance flottante. On va tous se faire un bon diner, rester à la maison comme on nous le conseille, voila une bonne occasion de festoyer.

Samedi 27. Rien à signaler. On en parle, on en rigole, on spécule avec un fond de suspens.

Dimanche 28. Une copine d'une copine se fait déloger, elle est dans la zone à risque, près de l'eau donc. Je pars moi aussi dormir chez une copine. On dine tous ensemble, ça ri, ça boit, ça s'amuse du petit vent qui va nous chatouiller les oreilles. On se couche en se marrant de tout ça, voyant la France entière nous sollicitant pour avoir des nouvelles de cette catastrophe. On se couche sans grande inquiétude.

Lundi 29. On se réveille tranquillement. Je reçois des appels de ma famille et de mes amis pour savoir comment ça se passe sur le "terrain". Je deviens envoyée spécial. Je rassure tout le monde. Néanmoins les cours sont annules, les métros sont fermés depuis dimanche soir et on nous conseille vivement de rester en sécurité et à labri chez soi. Les collocs de ma copine, pourtant coutumiers du fait, commencent à vider les bouteilles de bière avec pour seul et innocent but de les remplir ensuite d'eau et ainsi faire des réserves. D'ailleurs tous les contenants y passent. Je me prête au jeu et faire cuire 3kg de riz et cuisine un riz cantonais géant dans le doute où comme c'est annoncé on se retrouve sans électricité. Un peu dubitative quand même. On passe la journée a attendre que ça passe, a manger toutes les provisions de survie, a boire du vin, des bières, tout en faisant attention de ne pas être saouls, au cas où ça dégénère. Il faut rester maitre de ses moyens. On tue le temps à jouer au ping-pong et mater des films avec plus ou moins d'intérêt. Finalement, ce sont les collocs qui commencent à s'inquiéter, ce qui commence un tantinet à mangoisser. Puis, je les vois dévisser toutes les portes de l'appart pour les fixer a coup de perceuse aux fenêtres. Toutes les fenêtres y passent Je fais face a un vrai danger, me dis-je. Je coopère, tenant frileuse la porte pour aider mon prochain à la clouer aux parois des fenêtres et ainsi contribuer a notre survie. Forcément. L'ouragan est finalement annoncé pour la fin de soirée. On fini par ne plus y croire et on fini surtout par ne plus en pouvoir. Qu'il arrive cet ouragan et qu'on en finisse, pensais-je bien fort. Ca commence à bien faire. 23h. En effet, on commence à sentir le vent souffler, les fenêtres tremblent sous la force du vent, on s’écarte des fenêtres et on entend des abrutis qui s'amusent à affronter sur le « rooftop » la Sandy en furie. Nous, nous sommes réunis entre trouillards et nous restons sagement dans notre appart cosy aux fauteuils confortables a mater des films sur projecteurs géants et on se dit : "on n'est pas bien là, hein!?". Bref, on part se coucher en se disant tout de même que ça soufflait mais que ce n'était pas si terrible.

Mardi 30, 9h. Sur mon portable : 6 appels, 4 sms, 1 message vocal et 26 notifications Facebook. J'essaie de jeter un œil par la fenêtre, ah mais non ya des portes à la place des fenêtres. Mes amis, ma famille mais aussi bien des gens que je n'ai pas vus depuis la maternelle et même mes amis virtuels s'inquiètent et attendent des news. Je me connecte au monde en allumant mon ordinateur.
Bilan des d
égâts : on compte déjà des dizaines de décès, Manhattan est dévasté et plongé dans le noir, des dégâts matériels, arbres déracinés, poteaux électriques arrachés, voitures emportées par la montée des eaux, magasins inondés Sandy sème langoisse à New York. Jappelle et je notifie à tout le monde que je vais bien, quici tout va bien. Jappelle aussi mon amie qui vit dans lEast Village. Elle est plongée dans le noir, sans chauffage, sans boulot puisque les deux restos où elle bosse sont submergés, sans réseau aussi donc très difficile de la joindre. Tout un quartier est sou leau et des milliers de vie en suspend. New York, une ville qui flotte, une ville au ralenti, une ville blessée par Sandy. Un nom bien cheap pour un des ouragans les plus couteux  après Katrina en 2005. On na vraiment pas limpression de vivre la même chose et dire quon a une station de métro et un pout qui nous séparent. Le soir même je monte sur le toit de limmeuble pour voir Manhattan plongé dans le noir. Cest un fossé obscur, éteint et coupé du monde. Cest irréel d’être le témoin dun New York endormi, forcé de sassoupir.
Pendant les trois jours qui suivent, la vie se fait au ralenti, toujours pas de métro, les bus sont plein à craquer, les magasins fermés et pour ceux qui bravent lobscurité, on s’éclaire à la bougie ou à la lampe torche pour faire ses courses. Je reste à Brooklyn, ici où la vie respire la quiétude alors que de lautre côté du pont de Williamsburg, les habitants se démènent pour trouver des solutions pour se chauffer, manger et aller au boulot coute que coute.

Aujourdhui, vendredi 2 novembre. Une partie du réseau sous-terrain reste fermé, plus de 600.000 personnes sont toujours sans électricité, on sorganise pour dormir chez des amis, pour être au chaud et on se solidarise entre voisins. Quelques habitants se plaignent du manque de policiers avec la peur dune recrudescence de la criminalité. New York nest pas la seule à être touchée, il y a le New Jersey qui compte 13 décès. Mais aussi les Etats du Maryland, la Pennsylvanie ainsi que Toronto au Canada. Sans oublier plus de 200.000 sinistrés en Haïti qui attendent toujours de laide. 


A nu mais pas complètement à poil, New York retrouve ses couleurs, sa frénésie, son énergie et reprend vie, petit à petit. On nous avait prévenus.